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📄 Inondation

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Inondation
Inondation Ă  La Nouvelle-OrlĂ©ans (États-Unis) en 2005 aprĂšs le passage de l'ouragan Katrina.
Caractéristiques
Type
Type d'événement (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Une inondation Écouterⓘ est la submersion[1] temporaire, naturelle ou artificielle, d'un espace[2] par de l'eau liquide. Ce terme est frĂ©quemment utilisĂ© pour dĂ©crire :

L'inondation est un des principaux risques naturels dans le monde ; c'est la catastrophe naturelle causant le plus de dĂ©gĂąts. Pour la pĂ©riode 1996-2005, environ 80 % des catastrophes naturelles mondiales Ă©taient d'origine mĂ©tĂ©orologique ou hydrologique. Les inondations auraient affectĂ© en moyenne 66 millions de personnes par an entre 1973 et 1997[rĂ©f. nĂ©cessaire] et elles devraient s'aggraver dans beaucoup de ports[4] et communes littorales[5],[6] : selon une Ă©tude Ă©valuant le coĂ»t probable de l'Ă©lĂ©vation des ocĂ©ans et des phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes pour les 136 principales mĂ©tropoles littorales, les inondations pourraient coĂ»ter environ 1 000 milliards par an de 2010 Ă  2050, rien que pour ces villes[7]. En 2025, un Français sur quatre vit dĂ©jĂ  en zone inondable, et ce risque grandit avec le rĂ©chauffement climatique [8].

3 derniers barrages sur la Seine, cotes du 1er au 27 mars 2001.
Barrage d'Amfreville, cotes de mars Ă  avril 2001.

Une inondation peut-ĂȘtre provoquĂ©e ou souhaitĂ©e dans certaines techniques culturales (riziĂšres inondĂ©es) ou dans l'ancienne pratique des « atterrissements » ou « accoulins ». Au Bangladesh par exemple l'eau des crues annuelles charrie 2 millions de tonnes de limons venus de l'Himalaya, indispensable Ă  la fertilisation des terres agricoles. Qu'il s'agisse des moussons, de la fonte des neiges de l'Himalaya ou de cyclones tropicaux, le Bangladesh (situĂ© Ă  la confluence du Gange et du Brahmapoutre) est le siĂšge d’inondations dramatiques comme celle de 1998, rĂ©sultat des moussons particuliĂšrement intenses et d'un dĂ©gel particuliĂšrement abondant, oĂč 66 % du pays Ă©tait sous l'eau.

La plupart du temps une inondation est non désirée et a des causes naturelles ou anthropiques :

D'aprÚs le rapport 2007 du GIEC (mémento des décideurs[10]) :

« D’aprĂšs les simulations, il est probable que dans les annĂ©es 2080 de trĂšs nombreux millions de personnes supplĂ©mentaires seront inondĂ©es chaque annĂ©e Ă  la suite de l’élĂ©vation du niveau de la mer. Les zones trĂšs peuplĂ©es et de faible altitude oĂč la capacitĂ© d’adaptation est relativement faible et qui sont dĂ©jĂ  confrontĂ©es Ă  d'autres dĂ©fis tels que des tempĂȘtes tropicales ou la subsidence locale de la cĂŽte sont particuliĂšrement en danger. Le nombre de personnes touchĂ©es sera plus grand dans les mĂ©ga-deltas d'Asie et d’Afrique, tandis que les petites Ăźles sont particuliĂšrement vulnĂ©rables[11]. »

« L’adaptation pour les rĂ©gions cĂŽtiĂšres sera plus difficile dans les pays en voie de dĂ©veloppement que dans les pays dĂ©veloppĂ©s, Ă  cause des contraintes pesant sur la capacitĂ© d’adaptation[12]. »

Les inondations rĂ©sultent d’un certain nombre de conditions mĂ©tĂ©orologiques avec une origine, des caractĂ©ristiques et une durĂ©e diffĂ©rentes. On en distingue trois grands types :

  • lentes (inondation Ă©tendue) : comme les crues du RhĂŽne en 1856[13],[14] et en 2003, faisant suite Ă  une longue pĂ©riode pluvieuse ;
  • brutales (crue-Ă©clair) : aprĂšs un orage violent ou un ou deux jours de fortes pluies sur sol sec, certaines inondations peuvent violemment endommager les champs, villages et villes, ainsi que de nombreuses infrastructures, comme Ă  Florence en 1966 oĂč l'eau a envahi de nombreux quartiers de la ville, des Ă©difices prestigieux et dĂ©truit de nombreuses Ɠuvres d'art entreposĂ©es dans les sous-sols des Offices. Elles peuvent ĂȘtre torrentielles comme en France Ă  NĂźmes en 1988, Ă  Vaison-la-Romaine en 1992, le Gard en 2002 ou dans le Var en 2010 ; elles s'accompagnent alors souvent de coulĂ©es de boue ou de glissements de terrain ;
  • des inondations (ou submersions) marines peuvent ĂȘtre dues Ă  un tsunami, une rupture de digue ou d'Ă©cluse, ou Ă  des conditions mĂ©tĂ©orologiques exceptionnelles (exemple : tempĂȘte venant de la mer combinĂ©e Ă  une dĂ©pression importante et une grande marĂ©e comme ce fut le cas avec la tempĂȘte Xynthia en 2010).
Inondation s'écoulant sur un pont.

Certaines crues Ă©clair sont brĂšves et trĂšs localisĂ©es. Elles sont gĂ©nĂ©ralement dues Ă  des pluies orageuses courtes mais intenses, qui ne parviennent pas Ă  se disperser par infiltration, ruissellement ou Ă©coulement. La cause la plus frĂ©quente de ces inondations est un orage qui se dĂ©place lentement et peut dĂ©verser d’énormes quantitĂ©s d’eau sur une zone limitĂ©e en trĂšs peu de temps. Les orages qui se dĂ©placent plus rapidement sont moins gĂȘnants Ă  cet Ă©gard, car ils donnent de la pluie sur une zone plus Ă©tendue. Les crues Ă©clair ennoient souvent des vallĂ©es ou des gorges. Quand l’air humide est poussĂ© vers la montagne, il s’élĂšve, et peut provoquer un orage accompagnĂ© de pluies torrentielles. Si le vent maintient l’orage stationnaire, l’eau peut ruisseler sur les pentes de la montagne et descendre jusqu’au fond de la vallĂ©e. Les gorges sont comme des entonnoirs qui accĂ©lĂšrent le dĂ©bit de l’eau, dont la force emporte tout sur son passage.

Le niveau d'aléa lié à l'inondation est principalement lié[15] à :

  • la hauteur maximale de submersion, de moins de 50 cm Ă  plus d'un mĂštre cinquante ;
  • la durĂ©e de submersion, de quelques heures Ă  plusieurs semaines ;
  • la vitesse d'Ă©coulement, de moins de 50 cm/s Ă  plus d'un mĂštre cinquante par seconde ;
  • la frĂ©quence / pĂ©riode de retour (ie. inondation centennale) ;
  • la soudainetĂ©, voir la typologie des inondations ;
  • l'ampleur, l'extension spatiale.

Lorsqu'une pluie est impliquĂ©e dans l'inondation, la hauteur ou le volume des prĂ©cipitations, peut ĂȘtre donnĂ©e en millimĂštres ou en litres par mĂštre carrĂ© en pluviomĂ©trie car en sciences physiques ces deux unitĂ©s sont Ă©quivalentes.

Conséquences

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Indiens du Gujarat durant leur évacuation, lors des inondations en Asie du Sud de 2017.
Schéma conceptuel : Conséquences des inondations.

Les inondations touchent tous les pays du globe mais avec des effets trÚs diversifiés. Ces catastrophes naturelles ont un impact sociétal important. En 2011, elles représentaient 1 désastre naturel sur 2 et ont causé 57,1 % du total de victimes de catastrophes naturelles dans le monde[16]. Il faut donc analyser leurs impacts sur la vie et la santé, sur l'économie, mais aussi sur l'environnement et l'écologie[17],[14]. Les politiques pour enrayer ce phénomÚne sont nombreuses et ne cessent de se multiplier[18], car la fréquence des inondations est en hausse[19].

Vie et santé

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Les désastres hydrologiques sont ceux qui ont causé en moyenne le plus de victimes (morts et blessés) dans le monde de 2001 à 2010 (plus de 50 000 morts et en moyenne 75 millions de personnes affectées par an dans le monde[20].

Les consĂ©quences sanitaires sont notamment un risque accru de maladies infectieuses (maladies hydriques notamment dont cholĂ©ra, malaria, dengue, leptospirose, fiĂšvre jaune, infections cutanĂ©es ou respiratoires, etc.), des blessures physiques et de la malnutrition[21],[22],[23]. Ces consĂ©quences peuvent ĂȘtre provoquĂ©es directement aprĂšs la catastrophe ou Ă  la suite d'un manque d’hygiĂšne[24],[25]. Un accĂšs diminuĂ© Ă  l'hygiĂšne et aux soins et mĂ©dicaments aggrave la vulnĂ©rabilitĂ© Ă  d'autres maladies tel que le VIH[22]. Des troubles psychologiques dĂ©coulent souvent de la perte de proches, du logement ou des moyens de subsistance[25], se manifestant parfois par une perte du sens de la rĂ©alitĂ©, insomnies, cauchemar, etc. qui peuvent aussi contribuer Ă  la dĂ©gradation de l’état physique des victimes. Des fractures et amputations sont frĂ©quentes. Enfin, une malnutrition peut ĂȘtre induite par les pertes de cultures et d'animaux d'Ă©levage et/ou la contamination des stocks d’eau potable[26],[27],[28]. En effet, si l’on prend comme exemple le passage d’un tsunami au-dessus d’un puits, cela aura pour consĂ©quence d’augmenter la concentration en sel de l’eau, avec aussi un impact important au niveau de la vĂ©gĂ©tation[28]. De nombreuses pertes humaines rĂ©sultent soit directement de l’inondation, soit des Ă©lĂ©ments dĂ©veloppĂ©s ci-dessus, Ă  divers niveaux d’intensitĂ© (voir schĂ©ma).

Les personnes ĂągĂ©es et les enfants sont alors particuliĂšrement vulnĂ©rables notamment dans les pays en voie de dĂ©veloppement, oĂč le rĂ©seau d’égouts est souvent absent (l'inondation disperse alors les eaux grises, urines et matiĂšres fĂ©cales, ainsi que les microbes qui s'y sont dĂ©veloppĂ©s[29] causant des diarrhĂ©es, la malaria, la dengue, l’amibiase, le cholĂ©ra, la giardia, la shigellose et la fiĂšvre typhoĂŻde[30] comme au BĂ©nin en 2010). La contamination humaine se fait par contact direct, ou indirect (eau infiltrĂ©e dans les puits, citernes ou autres approvisionnement en eau potable). Parfois l'eau potable est aussi « contaminĂ©e » par des intrusions salines liĂ©es Ă  une montĂ©e du niveau marin ou Ă  un recul des nappes d'eau douce qui laissent alors place Ă  des eaux salĂ©es ou saumĂątres non potables et impropres Ă  l’usage agricole.

À ces problĂšmes s'ajoutent les difficultĂ©s de gestion des dĂ©chets post-inondation.

Économie

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Risque de perte économique dû aux inondations.

Les inondations ont de nombreuses consĂ©quences socio-Ă©conomiques, immĂ©diates et diffĂ©rĂ©es. Elles paralysent de vastes rĂ©gions, les privant souvent d'eau et d'Ă©lectricitĂ© et de moyens de transport (empĂȘchant les gens d’aller travailler)[31]. Cuisiner, se laver, nettoyer les vĂȘtements devient difficile. Dans certains pays du Sud, la pauvretĂ© et le manque de connaissances en gestion des inondations aggravent souvent la situation, empĂȘchant les habitants d'anticiper pour protĂ©ger leurs maisons ou de les rĂ©parer aprĂšs l'inondation, les contraignant parfois Ă  migrer[32] vers d’autres hĂ©bergements temporaires, souvent difficile Ă  trouver[33]. Parfois, des milliers de personnes se retrouvent sans emploi[34].

En termes de solidaritĂ©, ce type de catastrophe peut se rĂ©vĂ©ler Ă  la fois nĂ©gatif au sujet de la dĂ©pendance des pays touchĂ©s[35], vis-Ă -vis des dons et de l’aide internationale (forme d’assistance prolongĂ©e), et bĂ©nĂ©fique pour l’amĂ©lioration des relations sociales, entre membres d’une mĂȘme communautĂ© villageoise (par exemple, unis dans la reconstruction)[36],[37],[38]. La solidaritĂ© mondiale est parfois limitĂ©e par des Ă©tats totalitaires et/ou Ă©branlĂ©s par des attentats terroristes (diminution, voire une interdiction des aides pour ces pays), avec comme consĂ©quence un effet boule de neige : l'aggravation des impacts des inondations.

Les migrations humaines sont parfois induites par la destruction massive d'infrastructures, de rĂ©coltes ou de capacitĂ© de pĂȘche, ou encore par l’inondation de tunnels miniers
[39],[40],[28],[41]. Ces destructions causent des pertes financiĂšres pour le pays, une forte perte d’emploi Ă  long terme (destruction d'entreprises) et souvent une dĂ©tresse psychologique. Cependant, Ă  l’échelle locale et une fois les premiĂšres semaines Ă©coulĂ©es, la reconstruction engendrĂ©e par les inondations est source d’emploi Ă  moyen terme[39],[37].

Le village d'Altencelle lors de l'inondation de Celle (Allemagne) en février 2008.

Les inondations sont parfois une menace pour le dĂ©veloppement de villes et villages[42], notamment quand les submersions marines affaissent ou salinisent les terrains et que la zone d’habitat se retrouve sous le niveau de la mer.

Les individus faibles et/ou pauvres (marginalisĂ©s, handicapĂ©s, ĂągĂ©s notamment) risquent plus lors de ces catastrophes, du fait de leur vulnĂ©rabilitĂ© et leur faible rĂ©silience[43],[44],[45],[46], car ils manquent Ă  la fois de fonds, de moyens et d’information pour s'adapter Ă  ces contextes.

Le niveau d’étude des populations touchĂ©es joue aussi un rĂŽle sur l’ampleur des impacts des inondations (voir ci-dessus). Les populations rurales au parcours scolaire plus limitĂ© subissent davantage les consĂ©quences des inondations que les populations urbaines. Ces impacts auront dĂšs lors une incidence Ă  long terme pour ces habitants[47]. De plus, dans les pays du Sud, les connaissances et les moyens mis en place pour combattre les inondations sont souvent inĂ©galement rĂ©partis, ce qui rend les zones pauvres et marginales encore plus dĂ©savantagĂ©es et dĂ©munies face Ă  ces catastrophes[48].

L'inondation perturbe ou bloque la production de nourriture, augmentant le nombre de personnes sous-alimentées et entravant le progrÚs contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire.

Le niveau de la mer devrait s’élever de 80 cm d’ici 2100[rĂ©f. souhaitĂ©e], augmentant considĂ©rablement le nombre de victimes d'inondations. Des consĂ©quences Ă©conomiques dramatiques et planĂ©taires sont attendues, car une part croissante (et dĂ©jĂ  majoritaire) de la population et des infrastructures agro-industrielles se situent prĂšs de cours d'eau ou de rivages marins[49]. De nombreuses rĂ©gions perçoivent dĂ©jĂ  les effets de la montĂ©e des eaux marines, qui augmente la salinisation des terres et des eaux, affectant l’agriculture et l'aquaculture en eau douce[50]. Il sera donc plus difficile de rĂ©pondre Ă  la demande alimentaire surtout dans les pays en voie de dĂ©veloppement[51].

Environnement

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Pour l'environnement, l'inondation a selon les cas des effets négatifs et/ou bénéfiques.

Elle peut induire de graves dégùts environnementaux, notamment en lessivant des sols agricoles (et leurs engrais et pesticides) ou des zones industrielles polluées. Ces dégùts se répercutent sur la population, dont en affectant des cultures et via des pertes animales[52],[21], engendrant des problÚmes de malnutrition et de migration (lien avec les conséquences décrites précédemment). Ils peuvent avoir des couts élevés.
Les invasions marines (tsunamis ou liĂ©es Ă  la montĂ©e du niveau marins) peuvent aussi dĂ©grader les forĂȘts de mangroves[49] connues pour rĂ©duire la force des tempĂȘtes et l’érosion cĂŽtiĂšres. Elles causent parfois une intrusion d’eau salĂ©e dans les nappes aquifĂšres profondes et peu profondes (problĂšme aggravĂ© par une surexploitation des eaux souterraines observĂ©e dans le monde entier[53], qui cause localement un l'affaissement du sol rendant les habitants encore plus vulnĂ©rables aux inondations. Venise en est l'un des nombreux exemples[54]. L’intrusion de ces eaux salĂ©es menace aussi la biodiversitĂ©. En effet, due Ă  cette intrusion, l’accĂšs Ă  l’eau douce devient de plus en plus compliquĂ© menaçant de nombreux amphibiens, reptiles, oiseaux et animaux de grande taille.

En zone aride ou aprĂšs une canicule, l'apport d'eau est parfois bĂ©nĂ©fique, par exemple au Pakistan ; ou en zone sahĂ©lienne (ex : Mali, Zambie, etc.) ; ou en climat de mousson (Inde, Asie du Sud-Est, etc.) ; les pays de mousson et tous ceux cultivant des plantes exigeantes en eau (riz, etc.) tirent profit de ces abondances d’eau (pour autant que ces volumes d’eau ne prennent pas des proportions trop Ă©levĂ©es), synonymes d’une augmentation des rendements agricoles[55].

En ThaĂŻlande, des bassins de rĂ©tention d'eau ont visent Ă  rĂ©colter, stocker et rĂ©utiliser les surplus d’eau de la saison humide pour le rĂ©utiliser ensuite en rĂ©duisant les impacts des sĂ©cheresses (mauvaises rĂ©coltes, diminution des ressources en eau, etc.). C'est l'un des moyens d’adaptation, qui amĂ©liore les moyens de subsistance de nombreux fermiers[56].

L'inondation est aussi un processus naturel, nĂ©cessaire au maintien de certains Ă©cosystĂšmes support de la vie (ex dans les estuaires, lagunes, mares, cours d'eu, lacs et autres zones humides[57]. De plus, ce processus joue un rĂŽle important dans l’évolution gĂ©omorphologique du paysage[13].

Ensuite, la confrontation des populations avec une catastrophe telle que celle du tsunami de 2004 amĂ©liore leur rĂ©silience. En effet, ces derniĂšres ont acquis un niveau plus Ă©levĂ© de connaissances, de plans de secours individuels et de capacitĂ© de mobilisation de ressources que les habitants des zones non-affectĂ©es par ce tsunami. Ces capacitĂ©s sont dues aussi aux diffĂ©rences de sources d’informations. Les personnes vivant dans la zone atteinte par le tsunami ont aussi pris conscience du risque pour les annĂ©es Ă  venir. Une confrontation indirecte ne serait donc pas suffisante pour commencer une bonne prĂ©paration aux catastrophes naturelles[58].

Enfin, une amĂ©lioration de la situation politique peut aussi faire partie des impacts positifs. En IndonĂ©sie, la situation politique dans la province d’Aceh Ă©tait critique. Le mouvement sĂ©paratiste dominait la province depuis l’indĂ©pendance de l’IndonĂ©sie en 1949. Ce mouvement a notamment rĂ©ussi Ă  obtenir une prĂ©-indĂ©pendance de l’armĂ©e et a gagnĂ© le support d’une grande partie de la population rurale. Ils luttĂšrent pour l’indĂ©pendance de la province contre le gouvernement du pays. Lors de l’effondrement de la dictature, plusieurs cessez-le-feu ont Ă©tĂ© proposĂ©s, sans grande amĂ©lioration de la situation. Cependant, Ă  la suite du tsunami de 2004, les affaires internationales s’en sont mĂȘlĂ©es et la situation d’urgence engendrĂ©e fut l’occasion de signer la paix. GrĂące Ă  cela, les deux gouvernements ont travaillĂ© ensemble pour la reconstruction. Cependant, le nouveau gouvernement ne sera pas influencĂ© par cette catastrophe sur le long-terme[59].

Prévention et protection

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Information préventive

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En France, les communes oĂč il y a un risque majeur d'inondations identifiĂ©, sont recensĂ©es par L’État dans un document synthĂ©tique appelĂ© Dossier DĂ©partemental des Risques Majeurs (DDRM).

Stratégies de lutte

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Conserver une zone d'expansion de crue suffisante diminuerait considérablement les dégùts des crues.

Elles sont basées sur une évaluation des flux (Atlas des zones inondables) et une double approche : préventive et curative. Préventivement, les collectivités et individus peuvent chercher à restaurer des zones d'expansion de crue suffisantes. Puisqu'il y a inadéquation entre la quantité d'eau à évacuer et les capacités hydrauliques, la gestion des inondations vise aussi à :

  • rĂ©tablir ou amĂ©liorer des capacitĂ©s d'Ă©coulement (entretien des berges, Ă©limination des embĂącles, curage
) ;
  • limiter l'impermĂ©abilisation des sols en milieu urbain (infiltration des eaux de toitures et de ruissellement (aprĂšs dĂ©pollution le cas Ă©chĂ©ant), crĂ©ation de noues et d'espaces verts susceptibles de servir de zone tampon).
  • favoriser la rĂ©tention et l'infiltration en amont, par la prĂ©servation et la restauration de zones humides[60], par des pratiques culturales plus adaptĂ©es et une gestion d'anticipation du ruissellement visant Ă  stocker l'eau dĂšs le haut du bassin versant, et en freinant son Ă©coulement et en l'infiltrant mieux dans les sols via un rĂ©seau de marais, de mares, de fossĂ©s, talus, haies, noues, prairies et prĂ©s inondables Ă©vitant de grossir les inondations en aval.

Dans certains cas, l'inondation met en jeu des mécanismes hydrologiques plus complexes, comme les crues de la Somme en 2001 dues pour l'essentiel à une remontée de la nappe phréatique. Celle-ci aurait contribué jusqu'à 80 % du débit du fleuve.

Les inondations sont les objets de modĂ©lisation en fonction de leur pĂ©riode de retour (crues dĂ©cennales, centennales, etc. Mais la pluie restera un phĂ©nomĂšne alĂ©atoire, dans un contexte climatique incertain et trop complexe pour que les calculs puissent tout prĂ©voir. Les documents d'urbanisme, PLU ou SCOT doivent donc intĂ©grer cette contrainte, le principe de prĂ©vention et prĂ©caution, et rĂ©glementer le droit Ă  construire. Dans les pays dits dĂ©veloppĂ©s, en cas d'alĂ©a important, le risque de dommage aux biens et aux personnes est plus ou moins couvert par les assurances, et il doit ĂȘtre en France par exemple pris en compte par un plan de prĂ©vention des risques d'inondation (PPRI).

Diverses démarches sont en cours. Ainsi, en région parisienne, on a évalué les conséquences d'une crue centennale. En dépit des travaux hydrauliques effectués en amont, sur la Seine et ses affluents, ses conséquences seraient aussi catastrophiques qu'en 1910. Les précipitations importantes du début de l'année 2002, conjuguées au niveau encore élevé des nappes phréatiques, a conduit les spécialistes à lancer une alerte au début de l'année 2002.

Elle a permis une prise de conscience de la fragilité de certains équipements souterrains (métro et trains, transformateurs électriques, etc.) ainsi que de nombreuses entreprises ou administrations. Des plans d'intervention ont été élaborés (plan de protection du risque inondation de la RATP[61] par exemple) et des archives ont été mises à l'abri (les réserves de plusieurs musées se trouvent en sous-sol).

Moyens de lutte

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Exemple de barriÚre légÚre destinée à protéger provisoirement et en urgence contre l'inondation, plus ou moins efficacement selon la nature du sol et le périmÚtre à protéger.
BarriÚre de fortune faite de big-bag remplis de matériaux.

Ils sont préventifs et curatifs et à la fois locaux et à construire à l'échelle des bassins versants. Le géographe américain Gilbert F. White (1911-2006) est l'un des premiers chercheurs à développer des méthodes de gestion des inondations.

La restauration de zones humides, la rĂ©introduction du castor, la lutte contre le ruissellement et contre l'impermĂ©abilisation urbaine, la plantation de bandes enherbĂ©es, le reboisement ou l'entretien de forĂȘts de protection, la restauration de zones d'expansion de crue en amont, dĂšs le haut du bassin versant, etc. sont autant d'actions possibles[57].

Les documents et rĂšglements d'urbanisme et d'occupation du sol permettent thĂ©oriquement d'interdire, voire localement de dĂ©truire, pour raison d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, des constructions en zone inondable. Certains rĂšglements urbains (exemple : dispositif ADOPTA, dĂ©veloppĂ© en rĂ©gion Nord-Pas-de-Calais autour de Douai dans le nord de la France, en zone d'affaissement minier, particuliĂšrement vulnĂ©rable) imposent que les nouvelles routes et constructions soient conçues de telle maniĂšre que les eaux pluviales soient stockĂ©es et infiltrĂ©es sur place, autant que ce serait le cas en l'absence de construction. C'est aussi une des cibles du HQE. Certaines rĂ©gions ont financĂ© des « atlas des zones inondables », par bassin versant (par exemple dans le Nord-Pas-de-Calais), comme document de portĂ© Ă  connaissance pour aider les communes Ă  ne plus autoriser de construction en zone inondable.

Les moyens curatifs sont limités. Ce sont essentiellement les pompiers ou équipes de sécurité civile qui dénoient les caves et aident la population ou les entreprises.

Des approches globales sont nĂ©cessaires. Elles sont en Europe encouragĂ©es par la Directive cadre sur l'eau prĂ©cisĂ©e en 2007 par une directive sur les inondations[62], qui impose une Ă©valuation cartographiĂ©e des enjeux, risques et consĂ©quences (et donc des zones inondables). Ceci doit se faire par district hydrographique et/ou unitĂ© de gestion, avec pour diffĂ©rents scĂ©narios l’étendue de l’inondation ; les hauteurs d’eau ou le niveau d’eau, selon le cas ; et le cas Ă©chĂ©ant, la vitesse du courant ou le dĂ©bit de crue, les risques de pollution y affĂ©rents, etc. Les États doivent se dĂ©finir des objectifs et des plans de gestion des risques (avant le derniĂšre limite) tenant compte d'enjeux hiĂ©rarchisĂ©s et des aspects alerte, prĂ©vention, protection et prĂ©paration, en encourageant « des modes durables d’occupation des sols, l’amĂ©lioration de la rĂ©tention de l’eau, ainsi que l’inondation contrĂŽlĂ©e de certaines zones en cas d’épisode de crue ». Ce travail doit ĂȘtre en accord avec la convention d'Aarhus traduite par la directive 2000/60/CE sur l'information et la consultation du public.

DĂšs 2014, l'État français, via l'IGN, publie les cartes de risque et d'alĂ©a inondation[63] et fait Ă©voluer la terminologie utilisĂ©e pour qualifier les niveaux d'alĂ©a : si l'alĂ©a frĂ©quent est reprĂ©sentĂ© par une crue dĂ©cennale, la crue moyenne correspond Ă  une crue centennale ou historique si supĂ©rieure. Quant Ă  la crue extrĂȘme, elle correspond Ă  une crue millĂ©nale voire Ă  l'extension de la cartographie hydro-gĂ©omorphologique[64]. Des pĂŽles d'aide et conseil Ă©mergent[65], avec le Cerema notamment. Les inondations sont et seront probablement de plus en plus exacerbĂ©es par une augmentation locale des prĂ©cipitations, par la fonte des glaciers et par l'Ă©lĂ©vation du niveau de la mer. Divers travaux de prospective et modĂ©lisations (par exemple les programmes europĂ©ens « PESETA » et « PRUDENCE ») sont en cours dans le cadre de l'adaptation aux changements climatiques, qui peuvent aider les collectivitĂ©s Ă  mieux se prĂ©parer.

Exemples par pays

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La Loire est le plus grand fleuve de France et traverse de nombreux dĂ©partements avant de se jeter dans l’Atlantique. Sa vallĂ©e en aval du Bec d’Allier (prĂšs de Nevers) fut maintes fois inondĂ©e au cours des siĂšcles passĂ©s.

Une des nombreuses propositions pour combattre les crues, consiste en un amĂ©nagement de la Loire en amont du Bec d’Allier, par la mise en place de retenues multiples le long du parcours des deux cours d'eau. Le choix d’inonder volontairement certains secteurs des vallĂ©es satisfait Ă  plusieurs exigences :

  • aucun dommage humain ni matĂ©riel n’est provoqué ;
  • aucun lieu habitĂ© n’est submergé ;
  • un Ă©coulement ininterrompu des eaux fluviales.

Ces retenues ont un fonctionnement de remplissage et de vidange purement mécanique et autonome, dépendant uniquement de la gravité[66].

vernoux sur boutonne en 1919
Inondation dans le Var le (Draguignan).

Les inondations dans le Var le  :

AprÚs des pluies exceptionnelles (jusqu'à 400 mm d'eau en 24 h, ce qui représente 3 mois et demi de pluie en 24 h), elles sont à l'origine de 26 morts.

Un exemple d'inondation consĂ©cutive Ă  une submersion marine qui a marquĂ© les esprits a Ă©tĂ©, le , l'inondation de la Faute-sur-Mer Ă  la suite de la tempĂȘte Xynthia[67] qui a fait 29 victimes[68] et dĂ©truit 20 % du parc immobilier de la commune[69].

En 2015, la législation évolue, imposant notamment aux schémas de coopération intercommunale de prendre en compte, au moment de leurs révisions, les nouvelles compétences des collectivités en matiÚre d'eau, d'assainissement et de protection des inondations issues des lois de décentralisation[70].

Depuis , la Base de données historiques sur les inondations[71] (BDHI) recense les inondations remarquables qui se sont produites en France au cours des siÚcles passés. Alimentée par Irstea et le Cerema, elle intÚgre progressivement les nouveaux événements qui surviennent, constituant ainsi une référence pour tous les acteurs de la gestion du risque.

En 2025, dans le cadre de l'Atlas 2025 « Cartographier l'anthropocĂšne », l'IGN a mis Ă  jour ses cartes du risque d'inondation[8], en intĂ©grant les scĂ©narios prospectifs de MĂ©tĂ©o-France (« À l'Ă©chelle de la France, le rĂ©chauffement climatique s'est dĂ©jĂ  traduit par une hausse de 12 % de l'intensitĂ© des pluies extrĂȘmes par rapport aux annĂ©es 1960 et nos modĂšles climatiques prĂ©voient encore une augmentation de 10 % Ă  15 % de ces mĂȘmes pluies intenses Ă  l'horizon 2050 »)[8]. Une cartographie 3D du pays permet de mieux modĂ©liser le devenir des prĂ©cipitations et amĂ©liorer le modĂšle Vigicrues et amĂ©nager le territoire en consĂ©quence, grĂące Ă  des modĂ©lisations 3D d'exposition des territoires aux diffĂ©rents types d’inondations : dĂ©bordement de cours d'eau, ruissellement pluvial, submersion marine et remontĂ©e de nappes, montrant qu'un Français sur quatre vit en zone inondable, avec des vulnĂ©rabilitĂ©s localement plus marquĂ©es (ex. : dans le Val de Loire, le pourtour mĂ©diterranĂ©en, le Nord, et certaines vallĂ©es fluviales).

Aux Pays-Bas, oĂč 26 % du territoire est constituĂ© de polders situĂ©s sous le niveau de la mer et oĂč 55 % du territoire est directement exposĂ© aux crues[72], de nombreuses initiatives ont pour but de fortement rĂ©duire les inondations et/ou leurs impacts. Outre les expĂ©rimentations d'habitations flottantes qui sont dĂ©taillĂ©es dans les paragraphes suivants, la plus importante, dĂ©nommĂ©e Plan Delta, a consistĂ© Ă  protĂ©ger le pays contre toutes les submersions marines possibles.

À IJburg, ce quartier rĂ©sidentiel d’Amsterdam est composĂ© de maisons flottantes. Ces maisons coulissent verticalement en fonction du niveau de l'eau le long de piliers qui les maintiennent en place. Ces habitations ne sont donc pas affectĂ©es par les inondations[73]. Ces maisons peuvent en outre ĂȘtre transportĂ©es ou vendues, par exemple si leur propriĂ©taire souhaite s’agrandir, il peut vendre sa maison mais conserver sa parcelle d’eau et y faire poser une maison plus vaste[74]. Dans d’autres quartiers (Maasbommel, par exemple), ce sont des maisons amphibies qui sont construites. Ces derniĂšres reposent sur des terrains Ă  risque, en bordure de cours d’eau ou en zone inondable[73]. Outre l’Europe, ce genre de maisons est en projet de construction au Nicaragua, dans un petit village inondĂ© chaque annĂ©e, et par consĂ©quent, reconstruit chaque annĂ©e[75].

Mais la réalisation marquante des Pays-Bas est un projet ambitieux et technologiquement trÚs avancé : le Plan Delta dont la mise en place a duré 40 ans (1957-1997).

Cette initiative a pour objectif de se dĂ©fendre contre les inondations maritimes localisĂ©es au Sud-Est des Pays-Bas, plus prĂ©cisĂ©ment dans la province de ZĂ©lande. Elle a Ă©tĂ© créée Ă  la suite de la catastrophe de 1953, qui a entraĂźnĂ© d’importants dĂ©gĂąts matĂ©riels (150 000 hectares de terres touchĂ©es) ainsi que de nombreuses victimes (1 835 personnes). La commission Delta, mise en place 20 jours aprĂšs la catastrophe, avec Ă  sa tĂȘte M. Maris (directeur gĂ©nĂ©ral du dĂ©partement de gestion des eaux), a eu pour but de donner divers conseils visant Ă  renforcer la sĂ©curitĂ© et Ă  la bonne exĂ©cution du Plan Delta. Celui-ci fut ainsi Ă©laborĂ© et dĂ©buta fin des annĂ©es 1950.

Le Plan Delta a Ă©tĂ© l’Ɠuvre de plusieurs dĂ©cennies, se basant sur 4 objectifs : protĂ©ger les basses terres (dont notamment des villes importantes telles qu’Amsterdam ou Rotterdam), crĂ©er des lacs d’eau douce, amĂ©liorer les communications et gagner des terres cultivables, en les poldĂ©risant. Ce plan comporte de nombreux impacts positifs, mais Ă©galement nĂ©gatifs.

De nombreux impacts se sont rĂ©vĂ©lĂ©s positifs, rĂ©pondant aux objectifs auxquels la commission s’était fixĂ©e. En effet, le Plan Delta a permis, d'amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© de la population hollandaise, comme l'atteste la diminution du nombre de victimes. Aussi, la construction de ces barrages a permis d’amĂ©liorer de nombreux secteurs : la mobilitĂ© (l’accessibilitĂ© d’une zone Ă  une autre dans le Sud-Ouest s’est vue facilitĂ©e, grĂące Ă  la circulation des vĂ©hicules sur les barrages, diminuant le trajet pour les navetteurs), la navigation intĂ©rieure ou encore l’agriculture (l’alimentation en eau douce Ă©tant, grĂące au plan, mieux organisĂ©e)[76].

Cependant, malgrĂ© la volontĂ© de protĂ©ger le pays des eaux, plusieurs paramĂštres n’ont pas Ă©tĂ© pris en compte dans le Plan Delta Ă  ses dĂ©buts. À la suite de la construction de ces barrages, la santĂ© des Ă©cosystĂšmes s’est fortement dĂ©gradĂ©e, entrainant des impacts nĂ©gatifs sur la faune et la flore. En effet, la construction de ces diverses infrastructures n’a plus permis une action continue des marĂ©es (permettant un apport en eau salĂ©e), d’oĂč une dĂ©salinisation des eaux Ă  l’intĂ©rieur des barrages. Ce phĂ©nomĂšne a eu pour consĂ©quence la mort de nombreuses espĂšces de poissons et de plantes, mais Ă©galement la migration d’oiseaux, ne pouvant plus subvenir Ă  leurs besoins alimentaires. MalgrĂ© tout, des barrages Ă  claire-voie, comme l’atteste le barrage de l’Oosterscheldekering ont Ă©tĂ© construits. Ce type de barrage prĂ©sente la particularitĂ© d’ĂȘtre un barrage ouvert, ne se fermant que lors de crues. Ce systĂšme permet, dĂšs lors, d’empĂȘcher la dĂ©salinisation et donc de permettre Ă  la faune et la flore de survivre.

Aujourd’hui, de nouvelles mesures doivent ĂȘtre prises pour renforcer les effets du Plan Delta[77]. En effet, l’élĂ©vation continue du niveau de la mer et les crues fluviales combinant leurs effets ont occasionnĂ© d’énormes dĂ©gĂąts matĂ©riels, comme on l'a vu lors des inondations des annĂ©es 1993 Ă  1995. En effet, si les terres Ă©taient bien protĂ©gĂ©es des eaux venant de la mer, ce n'Ă©tait pas le cas de celles venant des fleuves, qui ont Ă©tĂ© la cause de ces dommages. L'instauration de ce nouveau plan, qu inclut la surĂ©lĂ©vation des digues et l'Ă©vacuation de certaines zones pour les rendre inondables, permettrait de pallier les faiblesses du plan actuel et de renforcer ainsi la sĂ©curitĂ© en diminuant le risque d'inondation Ă  1 tous les 100 000 ans.

Inondation Ă  HaĂŻti.

Petit pays partageant l’üle d’Hispaniola avec la RĂ©publique dominicaine, HaĂŻti est chaque annĂ©e sujette aux ouragans, du fait de sa position gĂ©ographique. Ces derniers entrainent des inondations pouvant se rĂ©vĂ©ler dĂ©vastatrices.

Certains projets peuvent cependant contribuer Ă  aider les HaĂŻtiens dans leur quĂȘte d’une certaine rĂ©silience, Ă  l’image du village de Port-Ă -Piment, situĂ© au Sud-ouest d’HaĂŻti. Ce village cĂŽtier de 14 000 habitants est en fait situĂ© Ă  l’embouchure d’un cours d’eau. En pĂ©riode cyclonique ou lors de fortes prĂ©cipitations, les crues y sont frĂ©quentes en amont de la ville et accroissent les risques d’inondations et de contamination des eaux.

DĂšs 2009, le projet de construction d’un mur en gabions a Ă©tĂ© entrepris[78]. En 2010, 200 mĂštres de murs avaient Ă©tĂ© construits et au mois d’, 250 mĂštres supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© inaugurĂ©s. De plus, une nouvelle protection de 450 mĂštres doit encore ĂȘtre construite afin de finaliser la protection et de permettre Ă  la riviĂšre de conserver son lit lors des situations exceptionnelles.

Ce projet est l’aboutissement d’une collaboration entre le Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement (PNUD) et le Groupe d’Initiatives pour un Port-Ă -Piment Nouveau (GIPPN). D’une part, le PNUD est un organisme international dont le but en HaĂŻti est d’apporter des connaissances, des expertises et des formations, afin de permettre aux populations locales de poursuivre les projets mis en Ɠuvre et de reconstruire eux-mĂȘmes leur pays. Le projet menĂ© par le PNUD s’intĂšgre dans le cadre du « programme de RelĂšvement et Moyens de subsistance du PNUD dans le dĂ©partement du Sud », au cours duquel 300 000 $ amĂ©ricains ont Ă©tĂ© investis pour la construction des 450 mĂštres de gabions. D’autre part, le GIPPN est une association haĂŻtienne.

De plus, entre fin 2010 et dĂ©but 2011, un projet parallĂšle concernant le systĂšme d’eau potable a Ă©tĂ© menĂ© conjointement par le PNUD (Ă  hauteur de 97 000 $ amĂ©ricains) et par l’association « Konbit Pou Potapiman » (KPP).

Au niveau des rĂ©sultats, ce projet a dĂ©jĂ  eu au moins un impact positif au niveau de la qualitĂ© de l’eau de consommation et d’irrigation. Les gabions permettent de protĂ©ger le systĂšme d’irrigation, au moins face aux intempĂ©ries de faible intensitĂ©. Mais le nouveau systĂšme d’eau potable permet dĂ©sormais un accĂšs Ă  l’eau potable pour les habitants de la ville. Indirectement, cela permet de rĂ©duire le taux de mortalitĂ© infantile et les maladies dont le cycle de vie est liĂ© Ă  l’eau, comme la malaria ou la diarrhĂ©e.

Les gabions ont permis de revaloriser les terres cultivables situĂ©es en bordure de la riviĂšre, avec un impact positif sur la sĂ©curitĂ© alimentaire de la population. Cependant, leur efficacitĂ© face Ă  d’intenses prĂ©cipitations et face aux ouragans est plus limitĂ©e. Dans son rapport intitulĂ© « Impacts des inondations sur la cĂŽte Sud », Ă  la suite d’une mission de reconnaissance, le CSI (CĂŽte Sud Initiative) juge les structures de gabionnage « nĂ©cessaires, mais pas suffisantes pour supporter de grands volumes d’eau ». Selon le CSI, des analyses hydrologiques seraient nĂ©cessaires afin de renforcer ces gabions par des structures organiques, en des points stratĂ©giques (au moyen de bambous, par exemple)[79].

Le lac Nyos.

Le lac Nyos se situe au Cameroun, prÚs de la frontiÚre avec le Nigeria. Ce lac a été formé par phénomÚne volcanique. Il présente deux dangers : une inondation et un relùchement d'une quantité dangereuse de CO2 captif.

Pour ce qui est du relùchement, un relùchement naturel de CO2 à partir de ce lac est à l'origine d'une catastrophe environnementale qui a eu lieu le . Cette catastrophe a coûté la vie à 1 700 personnes, a tué du bétail et a changé les conditions pédologiques des sols (il y a des retombées de CO2 et le CO2 acidifie les sols) et donc le type de végétation (ce changement de végétation a été observé par une comparaison d'images satellite[80]). Cet incident a poussé des organisations à étudier le lac. Ils ont étudié le barrage naturel du lac, long de 50 mÚtres et haut de 40 mÚtres et constitué de roches pyroclastiques consolidées, et ont mis en évidence qu'il subissait une érosion régressive. Plusieurs propositions de projets[81] ont été émises mais seul un dégazage contrÎlé a été mis en place en 2001[82], alors que les risques pour les populations (dont une partie est revenue sur leurs terres aprÚs la catastrophe de 1986) sont importants et les surfaces qui seraient touchées s'étalent sur les deux pays mais principalement sur le Nigeria (ces risques sont largement étudiés dans l'étude de la « tiger initiative »[83]).

Les plantations de mangroves constituent un des moyens de protection les plus efficaces contre les inondations. De plus, elles accordent d’autres avantages aux populations locales, comme la lutte contre l’érosion et l’apport de nourriture (poissons) pour les populations locales. Avec l’aide de certaines ONG (comme Malteser International, l'agence de secours international de l'ordre souverain de Malte pour l'aide humanitaire[84],[85]), de plus en plus de mangroves sont plantĂ©es dans les pays du Sud. Malteser International a aidĂ© la communautĂ© de Kyae Taw Ă  planter prĂšs de 18 000 mangroves, protĂ©geant ainsi plus de 3 000 habitants de deux villages de la commune de Sittwe[86].

Grandes inondations

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Parmi les grandes inondations qui ont frappé les esprits figurent :

Incidents liés à une inondation

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Résilience

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Selon les contextes les sociétés humaines, les villes et les zones d'activité sont plus ou moins résilientes face aux inondations, d'autant plus qu'elles s'y sont préparées par exemple en prévoyant une « zone refuge »[88] à l'étage (au-dessus de la cÎte de la crue de référence, et avec accÚs au toit) dans la maison ; ou des zones refuges en hauteur prÚs des zones à risque.

Si les zones inondables sont des prairies gĂ©rĂ©es pour qu'elles puissent continuer Ă  servir de zones d'expansion de crue, si les fonds de vallĂ©es inondables sont occupĂ©s par des prairies plutĂŽt que par des champs vulnĂ©rables Ă  l'Ă©rosion hydrique ou Ă  la submersion et que les habitations et infrastructures sensibles sont placĂ©s en hauteurs (sur des talus pour les voies ferrĂ©es par exemple), si les rĂ©seaux techniques (gaziers, Ă©lectriques, de fibre optique, d'Ă©gouts, etc.) sont prĂ©vus pour rĂ©sister Ă  la submersion de quelques jours ou semaines[89], alors les effets d'une inondation peuvent ĂȘtre fortement attĂ©nuĂ©s.

Certains groupes humains vivent traditionnellement au bord de grands fleuves dans des maisons construites sur de hauts pilotis les mettant Ă  l'abri des plus hautes eaux.

Le risque inondation diminue aprÚs la catastrophe si une transformation des mentalités s'engage pour d'une part adapter la conception des réhabilitions des habitats endommagés et d'autre part améliorer l'organisation de la protection des populations[90]. Ceci avec des actions à court terme (exemples : alerte météo personnalisée, programme d'aide à l'adaptation des logements), à moyen terme (exemple : travaux de ralentissement de la dynamique des inondations) et à long terme (exemple : amélioration de la transparence hydraulique de l'habitat dans le contexte du changement climatique)[90].

Empreinte dans la culture

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Dans la mythologie grecque, à l'occasion de son témoignage sur la vengeance des dieux contre Laomédon et le sacrifice d'Hésione, le poÚte romain Ovide identifie le monstre marin Céto à une inondation[91].

Notes et références

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Bibliographie

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  • Michel Lang et Denis CƓur, Les inondations remarquables au XXe siĂšcle, Éditions Quae, , 640 p. (lire en ligne).
  • Jean-NoĂ«l Salomon, L'homme face aux crues et aux inondations, Presses Universitaires de Bordeaux, , 136 p. (lire en ligne).

Articles connexes

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