← Retour

📄 Catastrophe naturelle

Archivé depuis Wikipedia | Mise à jour: 20.09.2026

Aller au contenu
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Éruption du Pinatubo aux Philippines (12 juin 1991).

Une catastrophe naturelle est une catastrophe qui rĂ©sulte d’un Ă©vĂ©nement naturel : sĂ©isme, Ă©ruption volcanique, tsunami, glissements de terrain, coulĂ©es de boue, inondation, tempĂȘte, cyclone tropical, orages, etc.[1].

Le Bureau des Nations unies pour la rĂ©duction des risques de catastrophe UNDRR (en) souligne que le changement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles en 20 ans. Les inondations et les tempĂȘtes ont Ă©tĂ© les catastrophes les plus frĂ©quentes au cours des dĂ©cennies 2000 et 2010. Pour la dĂ©cennie 2020, l'ONU estime que le plus grand problĂšme sera celui des vagues de chaleur[2].

Les catastrophes « naturelles »

[modifier | modifier le code]

À l’échelle mondiale, on recense annuellement environ 300 Ă  500 catastrophes « naturelles » de moyenne et grande ampleur[3]. Une grande partie de ces catastrophes est provoquĂ©es par les crues et inondations[4]. L'origine de ces crues est mĂ©tĂ©orologique et climatique[5] : moussons, cyclones tropicaux, tempĂȘtes
 ; leurs effets sont les inondations et les mouvements de terrain – Ă©croulements, Ă©boulements, glissements
, les destructions d’ouvrages – barrages, ponts
 Leurs effets peuvent ĂȘtre aggravĂ©s par l'activitĂ© humaine : rĂ©ductions voire suppressions de zones inondables, forestiĂšres, agricoles
, extensions de zones d’amĂ©nagement, de construction
, ouvrages inadaptĂ©s, non-respect de rĂšgles de prĂ©vention[6].

En France[7], selon l’article L 125-1 du Code des assurances[8] : «   Sont considĂ©rĂ©s comme les effets des catastrophes naturelles (CATNAT),.//., les dommages matĂ©riels directs « non assurables » ayant eu pour cause dĂ©terminante l’intensitĂ© anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles Ă  prendre pour prĂ©venir ces dommages n’ont pu empĂȘcher leur survenance ou n’ont pu ĂȘtre prises  » ; les Ă©vĂ©nements naturels relevant de la loi, susceptibles d’avoir des effets catastrophiques, pris en compte dans les Plans de prĂ©vention des risques naturels prĂ©visibles (PPR) sont prĂ©cisĂ©s dans la circulaire ministĂ©rielle du 19/05/1998[9], par ordre de frĂ©quence et de gravité :

  • inondations et coulĂ©es de boue : inondations de plaine - inondations par crues torrentielles - inondations par ruissellement en secteur urbain, coulĂ©es de boue[1] ;
  • inondations consĂ©cutives aux remontĂ©es des nappes phrĂ©atiques[10] ;
  • phĂ©nomĂšnes liĂ©s Ă  l’action de la mer : submersions marines - recul du trait de cĂŽte par Ă©rosion marine[11] ;
  • mouvements de terrain : effondrements et affaissements - chutes de pierres et de blocs - Ă©boulements en masse - glissements et coulĂ©es boueuses associĂ©es - laves torrentielles - mouvements de terrain diffĂ©rentiels consĂ©cutifs Ă  la sĂ©cheresse et Ă  la rĂ©hydratation des sols[12] ;
  • avalanches[13] ;
  • sĂ©ismes[14].

De natures et Ă©volutions diffĂ©rentes et/ou objets de rĂ©glementations spĂ©cifiques, les Ă©vĂ©nements et le rĂ©chauffement climatique — sĂ©cheresses, canicules, mĂ©tĂ©orologiques
 perturbation des courants ocĂ©aniques — cyclones tropicaux, tempĂȘtes, tornades, neiges, grĂȘles
, les feux de forĂȘts, les Ă©pidĂ©mies, l’activitĂ© humaine – agriculture, mines, travaux du BTP, pollutions
, les Ă©ruptions volcaniques propres aux Antilles et Ă  la RĂ©union, et les Ă©vĂ©nements rares – chutes de mĂ©tĂ©orites, tsunamis
, ne figurent pas sur cette liste.

CaractĂšre

[modifier | modifier le code]

Des catastrophes analogues peuvent se produire de temps en temps dans un mĂȘme site, dans des sites diffĂ©rents, selon des processus analogues ou diffĂ©rents. Mais il ne se passe pas n’importe quoi, n’importe oĂč, n’importe comment et n’importe quand : chaque bassin de risque, chaque site, chaque installation, chaque Ă©vĂ©nement destructeur est unique : chaque catastrophe est un Ă©vĂ©nement historique qui doit ĂȘtre dĂ©crit et Ă©tudiĂ© spĂ©cifiquement pour en dĂ©terminer les causes et amĂ©liorer la prĂ©vention d’évĂ©nements analogues.

Dans un bassin de risque, la gravitĂ© d’une catastrophe gĂ©nĂ©ralement estimĂ©e en nombre de victimes, dĂ©pend beaucoup plus de la vulnĂ©rabilitĂ© des amĂ©nagements et des ouvrages, des actions, comportements, densitĂ©s des occupants, des mesures de prĂ©vention que l’on y a prises, du niveau de connaissance que l’on en a de l’évĂ©nement, quel qu’il soit, que de son intensité : un violent sĂ©isme peut n’avoir que peu d’effet dommageable dans le dĂ©sert de Gobi, n’avoir que de graves effets matĂ©riels au Japon, avoir des effets matĂ©riels considĂ©rables et produire plusieurs dizaines de milliers de victimes dans le Sichuan


Prévention

[modifier | modifier le code]

Quels qu’ils soient, oĂč que ce soit, les alĂ©as naturels sont toujours potentiellement dangereux ; on ne peut pas les maĂźtriser, mais la plupart de leurs effets Ă©ventuellement catastrophiques peuvent ĂȘtre sinon Ă©vitĂ©s, du moins limitĂ©s par l’étude prospective, les actions de prĂ©vention et de protection, et par la gestion de crise, reposant sur des Ă©tudes scientifiques et techniques sĂ©rieuses du phĂ©nomĂšne naturel en cause, du bassin de risque et de la vulnĂ©rabilitĂ© des amĂ©nagements et ouvrages qui y sont construits. Il est Ă©galement important de dĂ©velopper une culture du risque au service de la prĂ©vention pour Ă©viter par exemple de reconstruire dans des zones Ă  risques. Pour Ă©viter cela, de nombreux acteurs se mobilisent. Il est par exemple possible aujourd'hui de connaitre l'exposition de sa commune aux catastrophes naturelles Ă  l'aide d'une carte interactive.

Les actions et les moyens rationnels dont on dispose pour prĂ©venir les effets catastrophiques de la rĂ©alisation n’importe oĂč de n’importe quel Ă©vĂ©nement naturel irrĂ©pressible, sont nombreux et variĂ©s : dans un site exposĂ©, pour tout danger clairement caractĂ©risĂ©, on peut amĂ©nager et construire, se comporter et agir, dĂ©finir, dĂ©cider et prĂ©parer calmement ces actions et moyens, et au besoin, les mettre en Ɠuvre efficacement. Une des applications pratiques de la gĂ©otechnique est de concourir Ă  la prĂ©vention des dommages, accidents et catastrophes « naturels », Ă  condition que les rĂ©sultats de l’étude gĂ©otechnique spĂ©cifique, sĂ©rieuse et complĂšte d’un site exposĂ© Ă  de tels Ă©vĂ©nements soient correctement prĂ©sentĂ©s par les spĂ©cialistes, convenablement interprĂ©tĂ©s et utilisĂ©s par les dĂ©cideurs et les utilisateurs.

Cependant l’accĂšs des systĂšmes d’alertes prĂ©coces multidangers restent limitĂ©s Ă  seulement la moitiĂ© des 193 membres de l’Organisation mĂ©tĂ©orologique mondiale[15].

Gestion et suites

[modifier | modifier le code]

La gestion est généralement une gestion de crise qui doit souvent faire appel à la médecine de catastrophe et d'urgence, à une aide alimentaire et au logement, qui recherche à protéger, dans la mesure du possible les personnes, les biens et les infrastructures. Elle précÚde une phase de reconstruction.

Les catastrophes naturelles (de type tempĂȘte, tremblement de terre et tsunamis notamment) gĂ©nĂšrent parfois de grandes quantitĂ©s de dĂ©chets de tous types. En France, l’article 266 sexies du code des douanes prĂ©voit que la taxe gĂ©nĂ©rale sur les activitĂ©s polluantes (TGAP) ne s’applique pas « aux rĂ©ceptions de dĂ©chets non dangereux gĂ©nĂ©rĂ©s par une catastrophe naturelle (
) entre la date de dĂ©but de sinistre et cent vingt jours aprĂšs la fin du sinistre » ; ce dĂ©lai a nĂ©anmoins dĂ» ĂȘtre prolongĂ© dans certains cas.

Dans le cadre du rĂ©gime d’indemnisation des catastrophes naturelles, créé par la loi du [16], le Maire peut faire une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. À la suite de cette demande, un arrĂȘtĂ© interministĂ©riel de catastrophe naturelle sera publiĂ© au journal officiel pour reconnaĂźtre ou non la catastrophe naturelle. Si oui, alors les assurĂ©s de la commune pourront ĂȘtre indemnisĂ©s. Pour information, l’assurance catastrophe naturelle est une extension de garantie obligatoire pour tous les contrats d’assurance de dommages (multirisque habitation, tous risques auto, local professionnel
) en dehors des contrats d’assurance des bateaux. Selon l’article L125-1 du Code des Assurances[17], cette garantie prend en charge les « dommages matĂ©riels directs non assurables ayant eu pour cause dĂ©terminante l’intensitĂ© anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles Ă  prendre pour prĂ©venir ces dommages n’ont pu empĂȘcher leur survenance ou n’ont pu ĂȘtre prises. »

Le coĂ»t des catastrophes climatiques s’élĂšverait Ă  520 milliards de dollars par an (estimation de 2019). La frĂ©quence des catastrophes est en augmentation, dĂ©sormais de une par semaine selon l'ONU, et frappant le plus souvent les pays peu dĂ©veloppĂ©s.

Il aurait été de 250 milliards de dollars en 2021, en hausse de 24% par rapport à 2020 selon le réassureur Swiss Re[18].

Catastrophes remarquables

[modifier | modifier le code]

Parmi les innombrables catastrophes qui se sont produites partout dans le monde, certaines sont remarquables en ce que leurs particularitĂ©s tant naturelles qu’humaines en font des exemples gĂ©nĂ©riques, des cas d’école montrant que les effets d’évĂ©nements naturels irrĂ©pressibles ne sont catastrophiques que parce qu’ils ont Ă©tĂ© ignorĂ©s, mĂ©sestimĂ©s, mal prĂ©venus


Chutes de météorites

[modifier | modifier le code]

La chute d'une grosse météorite est le plus destructeur de tous les événements naturels. Celle de la Toungouska a été le pire des cataclysmes naturels historiques ; catastrophe écologique considérable, elle n'a pas été une catastrophe humaine, car elle s'est produite dans une région pratiquement inhabitée.

En 2008, le cyclone Nargis a lui tué 138 000 personnes lors de son passage en Birmanie[2].

Éruptions volcaniques

[modifier | modifier le code]
Éruption de la montagne PelĂ©e - Saint-Pierre aprĂšs la catastrophe.

L’éruption de la montagne PelĂ©e, en Martinique, a Ă©tĂ© la plus meurtriĂšre du XXe siĂšcle ; en quelques minutes, sa nuĂ©e ardente paroxystique a entiĂšrement dĂ©truit Saint-Pierre et exterminĂ© ses habitants, environ 30 000 personnes. La destruction de la ville et de ses alentours Ă©tait inĂ©vitable, mais non la mort de ses habitants qui ont Ă©tĂ© victimes de dĂ©cisions administratives aberrantes en empĂȘchant leur dĂ©part pour assurer le second tour d’une Ă©lection lĂ©gislative le , alors qu’un extrĂȘme danger Ă©tait Ă©vident.

À la ConfĂ©rence intergouvernementale sur l’évaluation et l’attĂ©nuation des risques sismiques, au siĂšge de l'Unesco Ă  Paris, au cours de la session spĂ©ciale de [19], les sismologues chinois ont prĂ©sentĂ© leur mĂ©thode de prĂ©diction des sĂ©ismes appliquĂ©e Ă  celui d’Anshan (04/02/1975, M 7,4), dommages matĂ©riels - bĂątiments, ponts, routes
 considĂ©rables, mais moins d’un millier de victimes dans une rĂ©gion de plus de trois millions d’habitants : la prĂ©diction des sĂ©ismes et la prĂ©vention des habitants Ă©taient donc possibles. Malheureusement, 18 mois plus tard, le sĂ©isme de Tanshan (27/07/1976, M 7,6), dĂ©montra le contraire : il fit des dommages matĂ©riels aussi considĂ©rables, mais surtout 250 000 victimes selon les Chinois et sans doute plus de 650 000 en rĂ©alité ; il serait ainsi le sĂ©isme le plus meurtrier depuis plus de deux siĂšcles et peut-ĂȘtre depuis toujours.

AprĂšs 1976, de nombreux sĂ©ismes violents et pour certains catastrophiques, tous imprĂ©vus et non prĂ©venus, ont affectĂ© plusieurs provinces chinoises ; celui du 12/05/2008 dans le Sichuan a provoquĂ© prĂšs de 90 000 victimes et des dommages matĂ©riels considĂ©rables
 Ensuite, il y a eu au moins cinq autres sĂ©ismes destructeurs en Chine : Yushi 2010, Yunnan 2010 – 2011, Dingxi 2013, Sichuan 2013.

Le désastre à Sendai.

Le tsunami de Sendai, provoquĂ© par un sĂ©isme M 9 qui s’est produit vers 130 km au large de la cĂŽte nord-est de l'Ăźle de Honshu, a localement atteint 30 m de hauteur sur le rivage et a pĂ©nĂ©trĂ© jusqu'Ă  10 km Ă  l'intĂ©rieur des terres.

Bien qu'il ait Ă©tĂ© le plus violent jamais enregistrĂ© au Japon, le sĂ©isme lui-mĂȘme n'a fait que peu de destructions et de victimes, car les constructions parasismiques y sont efficaces et les habitants, bien prĂ©parĂ©s. Par contre, la hauteur du tsunami a dĂ©passĂ© les prĂ©visions et a largement submergĂ© les ouvrages littoraux de protection, essentiellement des murs portuaires en bĂ©ton dont certains dĂ©passaient la dizaine de mĂštres de haut. il a ravagĂ© prĂšs de 600 km de cĂŽtes, ruinĂ© partiellement ou totalement une cinquantaine de villes cĂŽtiĂšres, fait 8 649 morts, 12 877 disparus, 2 603 blessĂ©s et dĂ©truit la centrale nuclĂ©aire de Fukushima Daiichi.

La centrale a Ă©tĂ© construite sur une falaise cĂŽtiĂšre ; la plate-forme des rĂ©acteurs a Ă©tĂ© terrassĂ©e au niveau de la mer pour limiter le coĂ»t de pompage des eaux de refroidissement ; la hauteur du mur de protection Ă©tait d’environ 6 m, mais le tsunami y a atteint 15 m, noyant les rĂ©acteurs et provoquant une catastrophe nuclĂ©aire majeure.

TempĂȘtes cĂŽtiĂšres

[modifier | modifier le code]
AprĂšs la tempĂȘte.

À l'estuaire du Lay, les parties anciennes de l'Aiguillon-sur-Mer et de la Faute-sur-Mer sont construites sur des dunes et des levĂ©es sableuses qui les mettent Ă  l'abri de la plupart des crues du fleuve et des fortes marĂ©es ; vers le sud jusqu’à la pointe de l’Aiguillon, le rivage fragile de la baie est longĂ© par une route sur digue qui protĂšge des polders ; cette digue a Ă©tĂ© frĂ©quemment Ă©brĂ©chĂ©e lors de tempĂȘtes associĂ©es Ă  de fortes marĂ©es, provoquant les inondations des polders, alors strictement agricoles. Des extensions et des grands lotissements de villas ont rĂ©cemment Ă©tĂ© implantĂ©s dans certains polders.

La tempĂȘte Xynthia a atteint le littoral atlantique dans la nuit du . Dans la baie de l'Aiguillon, des vents atteignant 130 km/h ont produit une houle de prĂšs d'une dizaine de mĂštres de creux ; la dĂ©pression de 968 hPa et une marĂ©e de pleine mer coefficient 102 ont amplifiĂ© le mascaret de plus de 1,5 m.

En pleine nuit, des ruptures de digues ont entraĂźnĂ© des inondations trĂšs abondantes, trĂšs rapides et persistantes qui ont fait une cinquantaine de victimes par noyade, la plupart surprises en plein sommeil dans leurs logements, des villas rĂ©centes implantĂ©es de plain-pied sous le niveau de la mer ; le niveau de l’eau y a localement atteint le plafond de rez-de-jardin, soit plus de 2 m.

Avalanche du Peclerey – Le couloir et le monument aux morts.

Ces villas avaient Ă©tĂ© construites dans des sites trĂšs vulnĂ©rables, en sous-estimant les risques de rupture de digues et d’inondations en rĂ©sultant, alors que de nombreux Ă©vĂ©nements analogues s'y Ă©taient dĂ©jĂ  produits[20].

TempĂȘtes de neige/blizzards

[modifier | modifier le code]

En , une sĂ©rie de tempĂȘtes de neige en Iran a causĂ© la mort d'environ 4 000 personnes et rayĂ© de la carte 200 villages[21] dans ce pays[22]. Il s'agit du plus grand nombre de morts pour un tel phĂ©nomĂšne, pire qu'une tempĂȘte qui a fait 926 morts en Afghanistan[21] en 2008.

Le lotissement des Poses comportant 17 chalets Ă©tait situĂ© sur la rive droite de l'Arve, en bordure de la route du Tour, en face du couloir d’avalanche du Peclerey, bien marquĂ© dans la morphologie et la vĂ©gĂ©tation.

Le , une avalanche de neige poudreuse a traversé l'Arve puis la route sur le versant opposé et ensevelissait la majeure partie du lotissement, détruisant 14 chalets et faisant 12 victimes (dont un blessé : Tristan Harrison).

Historiquement et provenant de ce mĂȘme couloir, l'avalanche avait dĂ©jĂ  traversĂ© l'Arve et la route. Mais selon le PPR alors en vigueur, la zone de construction du lotissement Ă©tait principalement « blanche » ; le risque liĂ© Ă  cette avalanche Ă©tait limitĂ© Ă  l'aval de la route, sans sa traversĂ©e.

Crues torrentielles

[modifier | modifier le code]
Rive droite actuelle du Borne à l’emplacement du camping.

Le Borne est un torrent des Alpes françaises tributaires de l’Arve, connu pour ses violentes crues d'Ă©tĂ©. Certaines d’entre elles occasionnaient des dommages plus ou moins importants, quelques champs inondĂ©s et/ou Ă©rodĂ©s, quelques portions de routes et un ou deux ponts emportĂ©s
, mais jamais de victimes, car les constructions anciennes du Grand-Bornand Ă©taient toutes Ă©loignĂ©es de ce torrent dangereux.

La crue du n’aurait pas Ă©tĂ© une catastrophe s'il n'y avait pas eu un camping dans le lit majeur inondable, en bordure de sa rive droite. En moins de quatre heures, le dĂ©bit du torrent est passĂ© d'une cinquantaine de mĂštres cubes Ă  plus de 200, ravageant ce terrain de camping en emportant voitures, caravanes et campeurs, et faisant 23 victimes malgrĂ© l’intervention rapide des secours.

Le Plan d’exposition aux risques naturels prĂ©visibles (Per) communal visant les risques d’avalanches, de mouvements de terrains et les crues torrentielles, prescrit en 1985, n’avait toujours pas Ă©tĂ© publiĂ© quand la catastrophe est survenue.

Mouvements de terrain

[modifier | modifier le code]
Le Rossberg - Le lac de Zug, Arth, Goldau et le lac de Lauerz.

Dans les PrĂ©alpes suisses, le Rossberg est un massif molassique, alternance aval-pendage sud de poudingue, grĂšs et marne, dominant Goldau et le lac de Lauerz. En 1806, des infiltrations abondantes dues Ă  un hiver particuliĂšrement neigeux, un printemps et un Ă©tĂ© trĂšs pluvieux, avaient provoquĂ© des ouvertures Ă©volutives de fissures vers son sommet d’oĂč partaient de nombreux petits Ă©boulements. Le , aprĂšs des glissements de marne et des chutes de blocs durant la matinĂ©e et le dĂ©but de l'aprĂšs-midi, un glissement rocheux banc sur banc se dĂ©clencha vers 17 h et une avalanche d’une quarantaine de millions de mĂštres cubes d’énormes blocs rocheux dĂ©vala le versant, ensevelissant le fond de la « VallĂ©e d’or » sous un chaos d'une trentaine de mĂštres d'Ă©paisseur, dĂ©truisant entiĂšrement Goldau, trois villages et des hameaux voisins, et comblant la partie ouest du lac de Lauerz en provoquant une seiche de plus de 20 m de haut, destructrice jusqu’à Schwytz. Il y eut plus de 450 victimes.

Le souvenir d'un Ă©croulement moins volumineux en 1795, les glissements et chutes de blocs prĂ©curseurs du matin, analogues Ă  ceux qui se produisaient de temps en temps sans grave danger, avaient mis les habitants en alerte sans les inciter Ă  partir immĂ©diatement, car ils Ă©taient frĂ©quents au dĂ©gel ou aprĂšs de fortes prĂ©cipitations et les connaissances scientifiques de l’époque ne permettaient pas de prĂ©voir la catastrophe qui se prĂ©parait.

Variations climatiques

[modifier | modifier le code]
L’Europe lors du dernier maximum glaciaire (WĂŒrm IV, environ - 20 000 ans) – blanc : inlandsis, vert foncé : terres Ă©mergĂ©es.

Le rĂ©chauffement actuel est une phase interglaciaire des variations climatiques quaternaires, qui a dĂ©butĂ© vers 12 000 B.P. Ă  la fin du WĂŒrm, la derniĂšre des grandes glaciations.

Ce rĂ©chauffement naturel a modifiĂ© l’épaisseur et l’étendue des terres et des mers englacĂ©es, le niveau et l’étendue des mers, l’étendue et le relief des terres
, ce qui a perturbĂ© les Ă©cosystĂšmes – migrations, disparitions, installations
 de flores et de faunes selon les dĂ©placements des zones climatiques.

Les chasseurs/cueilleurs prĂ©historiques qui l’ont subi sans l’avoir provoquĂ©, se sont adaptĂ©s en devenant Ă©leveurs/cultivateurs.

Sans ĂȘtre aussi importantes, les variations climatiques naturelles persistent, mais depuis environ 1860, un nouveau stade « chaud », le rĂ©chauffement actuel, pourrait avoir une cause humaine, l’émission industrielle de CO2 atmosphĂ©rique ; Ă  plus ou moins long terme, ses effets pourraient ĂȘtre catastrophiques pour l’ensemble de la planĂšte si on ne limitait pas ces Ă©missions.

Le renforcement de la rĂ©silience et des capacitĂ©s d’adaptation face aux alĂ©as climatiques et aux catastrophes naturelles liĂ©es au climat fait l'objet d'une cible de l'Objectif de dĂ©veloppement durable n° 13 de l'ONU.

Ruines d’ouvrages

[modifier | modifier le code]
Les ruines du barrage de Malpasset vues de l'aval – Coupe du diĂšdre de failles dĂ©faillant, cause naturelle de la catastrophe, avec la crue du Reyran, Ă©vĂ©nement dĂ©clenchant.

Construit sur le Reyran, dernier affluent rive gauche de l’Argens, pour l’alimentation en eau de l'agglomĂ©ration de FrĂ©jus/Saint-RaphaĂ«l, le barrage de Malpasset Ă©tait une voĂ»te trĂšs mince en bĂ©ton longue de 225 m en crĂȘte et haute au plus de 66 m, dont la retenue aurait atteint 50 Mm3.

À l'emplacement du barrage, le Reyran, oued Ă  peu prĂšs sec la plupart du temps, traverse un dĂ©filĂ© sinueux creusĂ© dans un massif de gneiss, trĂšs fracturĂ© amont pendage sur son versant droit (ouest) dont la pente est d’environ 40°, trĂšs altĂ©rĂ© aval-pendage sur son versant gauche (est) dont la pente est d’environ 30°.

Le gĂ©ologue consultĂ© au niveau des Ă©tudes prĂ©liminaires avait conseillĂ© la construction d’un barrage-poids plus en amont ; il ne fut pas Ă©coutĂ© et n’a plus Ă©tĂ© consulté ; l’étude gĂ©otechnique Ă  l’emplacement retenu se rĂ©duisit Ă  un levĂ© gĂ©ologique sommaire montrant un gneiss apparemment sain et Ă  quelques sondages mĂ©caniques rassurants ; il n’y eut aucun suivi gĂ©otechnique de chantier.

Vers la fin du chantier, les constructeurs eurent pourtant quelques doutes : en rive gauche, l’extrĂ©mitĂ© du barrage trĂšs mince Ă©tait pratiquement parallĂšle aux courbes de niveau et au litage de schistositĂ© du gneiss plus ou moins altĂ©rĂ©e, donc sans butĂ©e naturelle, essentielle pour ce type de barrage ; ils la bloquĂšrent par un massif en bĂ©ton.

La mise en eau dĂ©buta en 1954 ; le premier et seul remplissage dura prĂšs de cinq ans Ă  cause d’une longue pĂ©riode de sĂ©cheresse. Comme il arrive souvent en Provence, il se produisit enfin des pluies diluviennes durant la deuxiĂšme quinzaine de – 500 mm en dix jours dont 130 mm en 24 h, le . Il s’ensuivit une crue trĂšs rapide et trĂšs violente. Le niveau de la retenue qui Ă©tait Ă  une dizaine de mĂštres sous la crĂȘte du barrage monta alors trĂšs rapidement – 4 m en 24 h ; sur le versant gauche, il se produisit des suintements Ă  l’aval de l’ouvrage, qui devenaient de vĂ©ritables sources Ă  mesure que l’eau montait. On n’ouvrit la vanne de vidange que le Ă  18 h, alors que l’eau Ă©tait prĂȘte Ă  dĂ©border, trĂšs au-dessus du niveau de service et mĂȘme de celui de sĂ©curitĂ© du barrage ; l’effet de cette ouverture tardive sur la montĂ©e de l’eau fut insignifiant. Le barrage explosa littĂ©ralement Ă  21 h 13, libĂ©rant 50 Mm3 d’eau en quelques heures ; une onde de 50 m de haut dĂ©ferla Ă  70 km/h dans la plaine cĂŽtiĂšre de l'Argens et dans les quartiers ouest de FrĂ©jus qu’elle atteignit en moins de vingt minutes, ne laissant aucune possibilitĂ© de fuite aux occupants de la zone balayĂ©e par l’eau ; elle fit 423 victimes et des dĂ©gĂąts matĂ©riels considĂ©rables, routes, voies ferrĂ©es, fermes, immeubles
 dĂ©truits.

La crue, cause naturelle de la rupture, eut pour effet la montĂ©e incontrĂŽlable du niveau de la retenue entraĂźnant des fuites d’eau sous l’ouvrage qui ont provoquĂ© le claquage des failles en diĂšdre du versant gauche, puis le dĂ©blayage de ce coin de gneiss et l'explosion du barrage. Les causes humaines Ă©taient le mauvais choix d’implantation et de type de l'ouvrage, l’absence d’étude et de contrĂŽle gĂ©otechniques sĂ©rieux, le manque de rigueur dans le contrĂŽle du premier remplissage, l’ouverture trop tardive de la vanne de vidange


Catastrophe majeure attendue ou supposée arriver

[modifier | modifier le code]
Le site des Ruines (14-07-2006).

Le « risque des Ruines de SĂ©chilienne » qui dĂ©fraye la chronique locale depuis plus de trente ans, est un exemple d’étude et de gestion pluridisciplinaires du risque des effets d’un Ă©vĂ©nement naturel dangereux paroxystique imprĂ©visible.

À l’extrĂ©mitĂ© sud-ouest de la chaĂźne de Belledonne (IsĂšre, France), le replat de Mont-Sec est limitĂ© par un abrupt qui domine le site des Ruines de SĂ©chilienne, oĂč un mouvement de terrain complexe affecte un couloir transversal du versant nord de la basse vallĂ©e de la Romanche, entre SĂ©chilienne et Le-PĂ©age-de-Vizille.

Vers le milieu des annĂ©es 1980, l’éventualitĂ© d’un mouvement de terrain exceptionnel et de ses effets catastrophiques est apparu[23],[24]. Il s’est ensuivi l’annonce d’un risque majeur pesant sur une grande partie de la vallĂ©e, inquiĂ©tant les habitants de l’Île Falcon (sur la commune de Saint-BarthĂ©lĂ©my-de-SĂ©chilienne) et ouvrant de multiples actions scientifiques et politiques, pas toujours coordonnĂ©es et parfois polĂ©miques, dont certaines sont toujours en cours[24],[25]. L’estimation de la dangerositĂ© de l’évĂ©nement et de la rĂ©alisation du risque a beaucoup diminuĂ©, mais l’alerte initiale n’est toujours pas levĂ©e en 2016[23],[24],[25].

Recherche et mobilisation

[modifier | modifier le code]

La décennie 90 (de 1990 à 1999) a été désignée comme Décennie Internationale pour la Prévention des Catastrophes Naturelles (DIPCN) par l'ONU[26].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 « Catastrophe naturelle », sur insee.fr, (consulté le )
  2. 1 2 « Le changement climatique, principal responsable du doublement des catastrophes naturelles en 20 ans », sur lorientlejour.com, (consulté le ).
  3. ↑ « Catastrophes naturelles : l'ONU appelle l'humanitĂ© Ă  enrayer la « spirale d'autodestruction » », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  4. ↑ « Catastrophes naturelles dans le monde », sur UNICEF (consultĂ© le )
  5. ↑ « Typologie des risques et catastrophes », sur GĂ©oconfluence (consultĂ© le )
  6. ↑ Julien Gargani, Crises environnementales et crises socio-Ă©conomiques, Paris, L'Harmattan, , 149 p. (ISBN 978-2-343-08213-4), p. 149
  7. ↑ Josselin Renaud, « L'exposition aux risques naturelles en France », sur vedura.fr (consultĂ© le )
  8. ↑ « Code des assurances : CHAPITRE V - L'ASSURANCE DES RISQUES DE CATASTROPHES NATURELLES », Art. L. 125-1, sur dalloz.fr (consultĂ© le )
  9. ↑ Circulaire interministĂ©rielle (IntĂ©rieur, Économie) du 19 mai 1998 relative Ă  la constitution des dossiers concernant des demandes de reconnaissance de l'Ă©tat de catastrophe naturelle (NOR : INTE9800111C), (lire en ligne [PDF]).
  10. ↑ « Inondations : Les inondations par remontĂ©e de nappe », sur georisques.gouv.fr (consultĂ© le )
  11. ↑ Association des CESER de l’Atlantique, Submersion marine et Ă©rosion cĂŽtiĂšre : ConnaĂźtre, prĂ©venir et gĂ©rer les risques naturels littoraux sur la façade atlantique, (lire en ligne [PDF]).
  12. ↑ « Mouvements de terrain : Les diffĂ©rents types de mouvements de terrains », sur georisques.gouv.fr (consultĂ© le )
  13. ↑ « Catastrophe naturelle : les pires avalanches de l'histoire », sur maxisciences.com (consultĂ© le )
  14. ↑ « Dictionnaire des termes de sismologie », sur resif.fr (consultĂ© le )
  15. ↑ « Climat : le nombre de catastrophes multipliĂ© par cinq en cinquante ans », sur LibĂ©ration (consultĂ© le )
  16. ↑ Loi n° 82-600 du 13 juillet 1982 relative à l'indemnisation des victimes de catastrophes naturelles (lire en ligne)
  17. ↑ Code des assurances : Article L125-1 (lire en ligne)
  18. ↑ « Le coĂ»t des catastrophes naturelles en hausse de 24% en 2021 Ă  250 milliards de dollars », sur bfmtv.com (consultĂ© le )
  19. ↑ Le courrier de l’Unesco – Mai 1976 : « Pour la premiĂšre fois dans l'Histoire, la Chine a prĂ©vu un sĂ©isme Ă  heure dite et sauvĂ© les populations »
  20. ↑ Paul Vandangeon, AprĂšs le procĂšs « Xynthia » : vous avez dit « catastrophe naturelle » [?], IngĂ©nieurs gĂ©ologues (ENSG, Nancy) - bulletin no 104, juin 2015.
  21. 1 2 (en) Haley Sweetland Edwards, « 40 Years Ago, Iran Was Hit by the Deadliest Blizzard in History », Mental Floss, (consulté le )
  22. ↑ (en) « NOAA'S Top Global Weather, Water and CLimate Events of the 20th Century », sur noaanews.noaa.gov (consultĂ© le )
  23. 1 2 « Mouvement de versant montagneux instable : une instrumentation depuis 1985 du versant de Séchilienne », sur cerema.fr, (consulté le )
  24. 1 2 3 GeneviĂšve Decrop, « La montagne, le hameau et le prophĂšte de malheur. Histoire d'un risque moderne », Ethnologie française, vol. 34, no 1,‎ , p. 49-57 (ISSN 0046-2616, DOI 10.3917/ethn.041.0049, lire en ligne, consultĂ© le )
  25. 1 2 C. F., « IsÚre sud. Effondrement des ruines de Séchilienne: retour sur trente ans de risques », sur ledauphine.com, (consulté le )
  26. ↑ Damienne Provitolo, Des modĂšles multiples pour l’étude des risques et catastrophes., UniversitĂ© CĂŽte d’Azur, (HAL tel-02424470, lire en ligne)

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article : document utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Impressum · Kontakt · Pricing · Datenschutz

Source: Wikipedia (FR) | CC-BY-SA | Utilisable hors ligne

Voir sur Wikipedia →